Toutes les bonnes choses ont une fin n’est-ce pas !

Mais commençons par le commencement : il y a un an, en rentrant de vacances, j’ai subitement envie de travailler, de redevenir salariée, un truc de dingues.

 

Illustration Claire Laffargue - www.clairelaffargue.fr

Alors que je ne suis plus salariée depuis 5 ans, ayant crée ma marque Torpille et réalisé des missions de conseil chez Arthur et Princesse tam tam, je sens le besoin de réintégrer une équipe, de participer à un projet commun, d’être managée et de manager.

Je ressens également le besoin de ne plus me faire plumer par le RSI et consorts, les entrepreneurs me comprendront ! voir mon article  : « Quand ne rien gagner du tout, peut parfois rapporter plus ! »

Ainsi, j’épluche frénétiquement les annonces de Fashion job, pour me rendre assez vite compte que trouver un job qui me plait n’est pas gagné d’avance !

Il y a certes pléthore d’annonces chaque jour, mais seulement 1 ou 2 qui m’intéressent par semaine.

En fait, j’aimerais travailler pour une marque de qualité, haut de gamme, plutôt sportswear, si possible pour hommes ou pour enfants et idéalement française, ça réduit pas mal le champ des possibles !

Question fonctions, mon expérience et ma polyvalence dans le domaine du Retail me permettraient de diriger un petit réseau d’une trentaine de boutiques, sinon d’être chef de projets, auditrice ou encore formatrice dans un plus gros réseau.

Bref, durant le mois de mars 2012, je réponds à 10 annonces, dont une pour un CDD chez Petit Bateau, enseigne que j’affectionne tout particulièrement et dont la mission proposée me va comme un gant.

Je prépare un CV plutôt « original » et je personnalise au maximum chaque lettre de motivation, je suis assez confiante.

Bilan à fin mars : ZÉRO réponse !

Franchement et sans rire, je ne comprends pas que les recruteurs ne se jettent pas sur leur téléphone pour m’appeler, car au fond de moi et sans avoir les chevilles qui enflent, je suis convaincue d’être une mine d’or pour un employeur, je suis autonome, volontaire, perfectionniste, j’ai plein d’idées et plein d’envies et en plus je suis toujours de bonne humeur.

Alors grosse remise en question : à 42 ans suis-je déjà trop vieille pour le marché de l’emploi  ? est-ce que mon parcours fait peur ? (ancienne directrice retail, entrepreneur, … ), aurais-je dû éviter de mettre sur mon CV une photo de moi en short en train de jouer au golf ?

Je ne sais pas ce qui cloche !

Et puis Ô miracle arrive le mardi 17 avril, mon iphone a chauffé ce jour là, pas une réponse en un mois et le 17 avril 3 appels pour des entretiens, dont l’appel de Charlène, Charlène de chez Petit Bateau, en personne !

Je suis trop contente, je n’ai pas encore mon contrat signé, mais à ce jour, je croise les doigts, je touche du bois, je n’ai jamais raté un seul entretien d’embauche depuis mes 16 ans, j’ai 100% de réussite !

Je vous la fait brève, mais l’entretien s’est très bien passé, je suis embauchée en tant que chargée de projets retail pour un remplacement maternité de 8 mois aux 4/5ème. Le bonheur si je veux !

Ce poste, un peu sous dimensionné compte tenu de mon profil, a le gros avantage de me faire entrer dans cette entreprise, charge à moi de leur montrer ce que je vaux et de les rendre « accro » à mon travail !

Les 11 mois qui ont suivis ont été conformes à mes attentes, j’ai découvert une entreprise jeune, malgré ses 120 ans, conviviale, à cheval sur la qualité de ses produits et aussi structurée, organisée et très orientée sur le résultat.

Voici une partie de mes collègues chez Petit Bateau : collaboratrices (les 2 pin-up blondes du 1er rang),
chef (casquette) et big chef (cravate)  :

Séminaire retail Petit bateau mai 2012

J’ai découvert une organisation que je ne connaissais pas bien, ayant travaillé pour de plus petits réseaux (Vilebrequin et Arthur notamment) jusqu’à ce jour.

  • J’ai découvert comment dans les grands réseaux il est nécessaire de tout anticiper 1 an à l’avance, qu’il s’agisse évidemment des collections, mais aussi de la planification de l’offre, des vitrines, des mises en avant, des opération commerciales, …. L’expression « le long terme est une succession de courts termes » prend tout sens.
  • J’ai découvert l’importance de l’implication des différents services (marketing, merchandising, financier, produit, …) dans la gestion, l’organisation et au final la réussite du réseau, chaque semaine un point est organisé pour analyser la semaine écoulée et pour préparer la semaine à venir, c’est d’ailleurs là ou j’entrais en jeu, car l’un de mes rôles était de compulser toutes ces informations dans un journal hebdomadaire à destination des 150 points de vente.
  • J’ai découvert la prépondérance des indicateurs commerciaux dans la gestion commerciale des boutiques et plus encore les méthodes pour les faire parler. Céline ma responsable retail m’a aidé à avoir une lecture plus fine de ces mécanismes et à mieux comprendre les différents leviers que l’on peut actionner pour améliorer tel ou tel indicateur, très intéressant et surtout très utile.

Évidemment je n’ai pas fait que découvrir dans cette mission, j’ai apporté aussi de l’eau au moulin.

  • j’ai notamment conçu un book à destination des équipes en boutique pour leur expliquer en détail la qualité Petit Bateau, de l’achat des matières premières à la confection, afin qu’elles puissent renseigner au mieux leurs clients et qu’elles sachent argumenter en expert, qu’elles sachent dire pourquoi un article est doux, chaud, solide, pourquoi il ne va rétrécir ou déteindre au lavage.

Durant la préparation de ce book, j’ai vraiment pu me rendre compte que la qualité chez Petit Bateau, n’est pas un vain mot, chaque étape de la fabrication est contrôlée, parfois même plusieurs fois, pour au final offrir aux clients un produit agréable à porter et quasi inusable. J’ai également eu la chance de visiter l’usine de Troyes où la totalité de la maille y est encore tricotée.

  • J’ai également imaginé et conçu un jeu de cartes pour aider les équipes à mémoriser les 100 évènements clés de la marque depuis 1893, Petit Bateau a une histoire extraordinaire, comme peu de marques en ont, il est important que les vendeurs s’imprègnent de ce vécu pour le transmettre aux clients.

J’ai d’ailleurs appris un anecdote amusante, vous ne le savez peut-être pas, mais Petit Bateau appartient au groupe Yves Rocher depuis 1988, ça peut paraitre étonnant, car le groupe détient plutôt des marques de cosmétiques, mais en fait ce rachat était prémédité de longue date par Monsieur Yves Rocher, décédé aujourd’hui. En effet en 1944, il gérait la boutique de confection familiale et voulait y vendre des sous-vêtements Petit Bateau, mais le commercial de l’époque trouve sa boutique trop petite et lui refuse la marque. Depuis cette époque, il s’est promis de racheter un jour Petit Bateau !

Belle revanche !

Bref, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à travailler pour Petit Bateau, malheureusement le contexte économique difficile ne m’a pas permis de rester pour l’instant, il y aura peut-être un come back, l’avenir le dira.

Come back ou pas, je crois beaucoup au destin et en ma bonne étoile je suis confiante pour la suite et je vais profiter du temps libre qui s’offre à moi pour perfectionner mon anglais et ainsi pouvoir prétendre à une plus grande variété de postes.

Bonne continuation à vous les amis et à bientôt sur ce blog.